Apprendre l'Arabe avec Al-Manhaj
PARTIE 02
Trois grands poètes sont connus pour leurs controverses (joutes verbales en vers) :
- Al-Akhtal, (mort vers 710), chrétien de la tribu des Taghlîb grand buveur de vin, chantre des Omeyyades et des Quraysh contre les médinois.
- Al-Farazdaq (mort vers 730), grand ennemi de Jarîr, connut une existence dépravée à Basra, défendit la cause alide.
- Jarîr, (mort vers 730), installé près du gouverneur Al-Hajjaj d'Irak ; il chante aussi la grandeur de l'Islam. La rencontre avec les églises chrétiennes et zoroastriennes amène les musulmans à préciser leur foi, à défendre le dogme musulman. Une théorie islamique s'élabore et se développe. Le contact et la découverte de la philosophie et des sciences grecques déclenche un grand travail de traductions. Ceci ouvre la voie aux futures rencontres du patrimoine arabe avec les héritages étrangers, suscite les débuts d'un immense effort de recherche et d'enregistrement du passé de l'Arabie sous toutes ses formes : tradition, histoire, proverbe, lexicographie...
Ainsi, la poésie fleurit à nouveau à l'époque Omeyyade. Les thèmes demeurent inchangés, mais une poésie officielle engagée, où l'on se livre à une guerre d'épigrammes et de satires, naît à cette époque.
En effet, sous les Omeyyades, le nouveau mode de vie (urbanisation, sédentarité...) marque la poésie de certains traits. L'auditoire est dorénavant la cour du calife ou des gouverneurs, et le mécénat encourage au panégyrisme.
Si l'Islam n'inspire pas toujours la conduite des poètes, il n'empêche que la morale collective qu'il a réussi à élaborer dicte des accents nouveaux. La poésie, qui est à la fois l'exaltation des vertus bédouines traditionnelles et le reflet d'une éthique musulmane projetée dans la politique, représente une arme redoutable, que cherche à utiliser un mécénat non exempt d'arrière-pensées : Les califes sont partagés entre l'esthétique (Yazîd I , Yazîd II , Al-Walîd II et le maintient de poètes auprès d'eux pour servir une politique ('Abd Al-Malik ,Hishâm, Ziyâd, Al-Hajjâj). Le rôle du poète laudatif dans la communauté est très important.