livre al-manhaj Apprendre l'Arabe avec Al-Manhaj

Poètes majeurs Omeyyades : Al-Akhtal

PARTIE 04

calligraphie arabe

Al-Akhtal 640/710

Ghiyath b. Ghaws est un des plus grands poètes omeyyades. Il serait né à Al-Hîra vers l'année 20 de l'hégire (650 de notre ère). Il appartenait à la tribu des Taghlib et aurait grandi à Al-Jazîra Al-Khisba près de l'Euphrate de en Iraq. Sa tribu, nombreuse et puissante pendant la Jâhiliyya, de noble ascendance, était restée bédouine avec l'arrivée de l'Islam.

Son premier surnom est "dubal", c'est le petit âne qui ne grandit pas. C'est ainsi que le l'appelait sa mère. On l'a ensuite surnommé Al-Akhtal à cause de son insolence et de sa friponnerie. Dans le Kitâb al-Aghânî, on trouve un grand nombre d'anecdotes qui expliquent l'origine de ce surnom.

Al-Akhtal a perdu sa mère quand il était encore enfant, et n'a donc pas pu profiter de sa tendresse. Après la mort de sa mère, il a vécu avec sa belle-mère qui avait des enfants qu'elle lui préférait. On raconte que Al-Akhtal avait toujours faim ; en fait il n'obtenait jamais ce dont il avait besoin.

Il aurait composé sa première satire contre sa belle-mère : un jour que la baratte était pleine de lait et de raisins, Al-Akhtal cherche un prétexte pour éloigner sa belle-mère de la maison. Il alla lui rappeler qu'elle devait rendre visite à un ami malade. Elle le remercia et s'en alla. Al-Akhtal en profita pour vider tout le contenu de la baratte. A son retour, sa belle-mère découvrant le forfait, le battit. C'est alors qu'il déclama ses premiers vers de satire. Al-Akhtal est resté chrétien tout au long de sa vie. Pourtant, les princes et les califes omeyyades l'ont grandement incité à embrasser l'Islam, allant jusqu'à lui proposer de hauts postes pour qu'il renonce à sa religion. Jarîr et Al-Farazdaq ont, pour leur part, trouvé que c'était un point faible que Al-Akhtal soit chrétien.

Al-Akhtal était un des plus grands poètes qui louèrent les Omeyyades et il lança force diatribes contre leurs ennemis. Parmi les poèmes qui le rendirent célèbre, il y a une satire qu'il composa contre Hasan b. Thâbit sur la demande de Mu'âwiyya. Il répondait ainsi à un tasbîb que Hasan avait composé en faveur de Roumla, la fille du calife. Il a aussi lancé des invectives contre les Ansâr (médinois qui avaient accueilli le prophète après l'Hégire), peu après la bataille de Siffîn, défendant le point de vue de Mu'âwiyya sur le califat.

On voit donc que depuis le début, Al-Akhtal a été proche des Omeyyades, jusqu'à devenir leur poète particulier. C'était aussi l'un des commensaux du Calife Yazîd Premier. Il a été plus proche du Calife 'Abd al-Malik particulièrement, tout au long de son règne qui dura 21 ans. Mais ses rapports avec Al-Walîd n'ont pas été aussi bons, car ce dernier mettait beaucoup plus de zèle à servir l'Islam et sa convoitise pour la littérature et la poésie était beaucoup moins avérée. Al-Akhtal a commencé à perdre peu à peu sa place, notamment à cause de son vieil âge (il avait 66 ans au début du Califat d'Al-Walîd), mais aussi parce que ce dernier nomma 'Adi b. Ruqash poète à la cour.

 



 
Web Sur ce site
INTRODUCTION
ET PLAN LITTERATURE
 
partie 01
partie 02
partie 03
partie 04
partie 05
 
 

 

Didactiques Langues Publications BP 25 91801 Brunoy Cedex France
DILAP © 2005- DILAP est une marque déposée - déclaration CNIL 1114232- SIRET 48360378300018