Apprendre l'Arabe avec Al-Manhaj
PARTIE 06
Le " Kitàb al-Hayawàn ", ou " Livre des animaux " est une véritable somme anthologique fondée sur l'observation scientifique du comportement des animaux, mais qui recense en outre tout ce qui se dit des bêtes : fables, légendes, anecdotes profanes, ou religieuses issues du Coran.
L'œuvre est un témoignage inestimable de l'érudition et de l'humour de cet archétype de l' intellectuel du IXème siècle musulman.
A côté des réflexions sur les insectes, bêtes à cornes, lions et serpents, dragons et rapaces, on y trouve l'étude de la psychologie des animaux, l'influence des climats sur leur comportement, et une ébauche théorique de l'évolution des espèces ! Sans parler de toutes sortes de digressions élaborées sur la poésie, la littérature, les couleurs, la lumière, les coutumes de ses concitoyens, le zoroastrisme des persans, la sexualités des femmes et des hommes, la position des noyés dans l'eau...
Textes et épîtres de ce type fleurissent sous la plume d' al-Jahiz :
Ainsi le " Kitàb al-bukhala ", ou " Livre des avares ", qui traite de la générosité des Arabes (par opposition aux non-arabes). Ou bien " La supériorité des Noirs sur les Blancs ", ou l'épître, d'une grande finesse, sur les esclaves-chanteuses. A cette riche période culturelle, sous le mécénat du calife al-Mamun, il sera mis fin par le calife al-Mutawakkil en 851. Al-Jahiz ne manquera pas alors de dénoncer le recul intellectuel qu'entraînera l'abandon du mu'tazilisme.
Vers 816, Al-Jahiz déménage à Bagdad, la capitale du califat islamique de l'époque à l'occasion de la fondation de la Maison du Savoir. Grâce au mécénat du calife abbasside, Al-Jahiz s'établit à Bagdad, puis plus tard à Samarra. Le calife Al-Ma'mun envisageait de faire d'Al-Jahiz le tuteur de ses enfants, mais changea d'avis, effrayé par ses " yeux protubérants "( jâhiz al-'aînîn en Arabe) qui lui vaudront son surnom. Après avoir passé plus de cinquante ans à Bagdad, Al-Jahiz rentre à Basra où il meurt fin 868 ou début 869. Les causes exactes de sa mort ne sont pas connues, mais selon la tradition populaire il serait mort écrasé par la chute des livres de sa bibliothèque (lui qui aimait tant les anecdotes savoureuses !). Selon une autre version, il serait tombé malade et mourut à Muharram.
Parmi ses oeuvres les plus connues :
- Livre des Avares
- Traités sur les Turcs
- Traité sur les marchands
- Traité de rhétorique
- Éphèbes et Courtisanes
- Livre des Animaux
- Titres de gloire des Noirs sur les Blancs