Dans la première partie de ce dossier nous avons vu que Mohammed, outre son statut exceptionnel de prophète de Dieu, était exégète, homme d’état et chef militaire. La diffusion de l’islam a été accéléré par ses conquêtes guerrières. Mais ces guerres saintes, contrairement à une idée reçue n’étaient pas gagnées uniquement par la contrainte ; c’est-à-dire la reddition ou la mort. Le Coran reconnaît aux gens du livre « ahl al kitâb » une condition privilégiée de « protégés » (dhimmî) : sur les terres conquises par l’Islam, les croyants monothéistes qui reconnaissent les textes sacrés antérieurs à l’islam ( christianisme, judaisme…) peuvent pratiquer librement leur religion à condition de s’acquitter d’un impôt (jizya).
C’est cette souplesse qui a permis à l’islam de conquérir l’empire Byzantin d’une manière très originale pour l’époque : alors que les conquêtes militaires en ces temps reculés se soldaient par la dévastation totale de la terre soumise, les musulmans choisirent de maintenir les structures sociales et administratives, mais instituèrent en contrepartie un prélèvement de l’impôt. La perse, Iran actuel, civilisation brillante et très avancée a par exemple fourni à l’état musulman naissant, l’essentiel de ses structures administratives, territoriales et de ses scribes.
SOMMAIRE-PREFACE