Il est naïf et simpliste de penser que la conquête de l’Espagne déboucha sur un état musulman unifié, stable et prospère. La folie des hommes et leur cupidité, fussent-ils conduits parla foi, ne date pas d’aujourd’hui. La conquête de l’Espagne fut suivie pendant près d’un demi siècle de conflits, de luttes et de révoltes de la part des groupes conquérants. Les hommes ont fait traverser avec eux leurs identités tribales et ethniques. La société d’Al-Andalus était morcelée, hétérogène et divisée. Les populations du Sud combattaient celles du nord, les Arabes et les Berbères ne s’aimaient guère, en outre, les troupes arrivées d’Arabie reproduisaient des rivalités séculaires entre les bédouins venus de la terre du prophète et les syriens, et même entre bédouins l’entente n’était pas assurée, chacun se réclamant d’une tribu toujours plus prestigieuse et historique. L’instabilité politique était de règle, les gouverneurs tenaient en moyenne 6 mois avant d’être renversés dans des luttes de pouvoir fratricides. Le califat était trop loin pour pouvoir intervenir militairement et rétablir l’ordre dans un empire gigantesque et incontrôlable qui s’étendait du Pakistan jusqu’à la péninsule ibérique.. Malgré cela la poussée des armées musulmanes se poursuivait vers le nord est, jusqu’en France. La résistance chrétienne mit 7 siècles à venir à bout de la présence musulmane, c’est-à-dire de 732 avec le fameux Charles Martel à Poîtiers (1) jusqu’à la chute de Grenade en 1492 !.
(1) A propos de Charles Martel voir la mise au point que nous a adressée une enseignante d'histoire. Nous la remercions chaleureusement pour sa contribution si éclairée. le texte est visible sur notre
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