Comme nous l’avons vu dans notre premier dossier, Le prophète Mohammed, qui n’était pas intéressé outre mesure par le pouvoir en ce bas-monde, n’avait laissé ni héritier, ni désigné par des consignes claires son successeur. Cependant, après sa mort en 632, sa succession fut assurée naturellement par l’un de ses compagnons Abû Bakr, sa cooptation doit sans doute à ses liens familiaux avec le prophète dont il était le beau père. Ainsi de 632 à 670 , cinq califes tous issus des compagnons des premières heures se succédèrent au pouvoir dont Uthmân qui régna de 644 à 656 et auquel on doit la version officielle du Coran, dite
vulgate de Uthmân.
A partir de 760 l’Histoire va s’accélérer, et l’état musulman va entrer dans une nouvelle ère. Mu’âwiya, membre d’une famille mecquoise puissante et riche, tardivement convertie à l’islam, prit le pouvoir et instaura la première dynastie musulmane, désormais basée en Syrie à Damas et non plus à Médine. C’est sous la dynastie Omeyyade que l’empire musulman finit de prendre l’ampleur que nous avons retracée dans le dossier précédent.
En 750, la dynastie des Abbassides renversa à son tour celle des Omeyyades. Le « putch » se solda par un bain de sang, puisque tous les dignitaires Omeyyades furent massacrés. Un prince âgé de vingt ans, Abd Al-Rahmân, descendant direct de la famille des Mu’âwiya, réussit à échapper au carnage, sa mère étant une berbère du nord du Maroc de la région de Nafza, il décida naturellement de s’y réfugier. Mais il fallait au jeune prince un royaume et une position dignes de son rang. A l’âge de 24 ans il embarqua pour l’Andalousie toute proche. Cette Andalousie musulmane restée à l’écart des convulsions du Moyent-Orient originel, était restée fidèle à la dynastie précédente, celle des Omeyyades. Le jeune prince auréolé de sa prestigieuse ascendance n’eut aucun mal à s’imposer comme Emir. En 756, il se fit proclamer Amir Al-Andalus dans la grande mosquée de Cordoue. Commença alors le règne de Adb Al-Rahmân Premier.
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