PARTIE 02
Examinons brièvement quelques vérités historiques admises par les historiens et les savants musulmans :
Selon cette tradition, le prophète faisait apprendre par coeur la parole divine à des huffâdh(s) (croyants dotés de mémoire indéfectible) et faisait mettre par écrit la parole divine sur les supports disponibles à l’époque : pierres, feuilles de palmier, peaux séchées…la version actuelle du texte sacré ce serait faite en trois phases A- B -C :
La mort de nombreux compagnons du prophète connaissant le saint Coran par coeur lors des « hurûb ar-ridda » (guerres contre les apostats) qui avaient éclaté dès le débuts du règne du Calife Abû Bakr a poussé ce dernier à une première « récension » du Coran en vue de le rassembler en un livre unique de « référence », afin d’éviter sa disparition. La tâche fut donc confiée à un jeune compagnon qui appartenait aux groupe des « huffpadh(s) » les plus fiables , Zayd ibn Thâbit.
Au début de son califat, le territoire musulman s’étend déjà jusqu’au Maghreb et sur une partie de l’Asie. Ce nouvel empire, gigantesque, regroupe des peuples et des cultures différentes, avec bien entendu des langues différentes (persan, copte, berbère… voir notre article Langue et pouvoir). Pour éviter la dispersion du texte sacré, le calife chargea alors de nouveau Zayd ibn Thâbit de constituer une commission pour achever le travail commencé sous le règne d’Abû Bakr, de réaliser plusieurs copies dont il expédia des exemplaires dans les principales villes de l’empire : la Mekke, Bassora, Coufa et Damas.
La version établie par la commission présidée par Zayd ne présentait –toujours selon l’aveu des savants musulmans sunnites traditionnistes- aucun signe diacritique ni symbole-rappel de voyelle brève ou longue. Donc sans doute le texte se présentait sans points, sans voyelles brèves et avec une instabilité totale de la hamza et de la voyelle longue alif comme nous le verront plus loin…
Toujours d’après la tradition, le besoin d’améliorer l’orthographe pour faciliter l’accès au Coran aux nombreux nouveaux peuples non arabes entrés en Islam se fait surtout sentir au 7ème siècle où les points furent introduits avec des signes diacritiques (voyelles brèves, redoublement de consonnes, rajout de Alif (s) diacritique etc…).
Ce travail d’amélioration de l’écriture arabe se serait prolongé même jusqu’au 9ème siècle.