Ces textes sont extraits des contributions de Mr. Mahfoud Boudaakkar aux numéros 21-22 et 25 de la revue
midad, éditée par l'Académie de Versailles.PARTIE 01
Le système graphique de l’arabe est objet à la fois de fascination et de crainte. Fascination esthétique et crainte d’un système trop différent… L’apprentissage des signes prend nécessairement appui sur celui des sons, les deux étant d’égale importance.
Le système graphique est tout à la fois commode, économique et parfaitement adapté à la langue arabe : commode et économique car les signes sont immédiatement identifiables, les différences entre polices ou styles d’écriture limitées ; parfaitement adapté à la langue car il permet de passer sans heurt de l’arabe standard au dialectal, et d’un dialecte à l’autre. Le recours à « une transcription phonétique, quelle qu’elle soit », n’est strictement d’aucune utilité dans le cadre d’un enseignement scolaire de l’arabe. Il peut même retarder ou gêner l’apprentissage.
Si l’on laisse de côté les consonnes qui servent à noter les sons
réputés difficiles à prononcer pour des débutants non-arabophones, un nombre important de difficultés subsistent. Pour
commencer, les graphèmes que seuls les points distinguent :
soit 10 signes de base qui,
avec le jeu des points donnent lieu à 22 graphèmes différents.
L’abondance de points dans l’écriture arabe engendre des confusions fréquentes, qui proviennent d’une difficulté de mémorisation-discrimination. Mais le problème vient peut-être aussi du fait que la graphie du français ne compte que quelque rares lettres à points : i , ï , ë.
Ainsi, l’élève a du mal à intérioriser l’idée que les points en arabe font partie du corps de la lettre et ne sont pas là à titre facultatif, comme un simple ornement calligraphique… La réalité nous montre que certains élèves en terminale, malgré un bon niveau d’arabe, négligent parfois les points ! Cet aspect est capital quand on enseigne l’arabe en tant que langue étrangère à un public qui découvre une nouvelle écriture.