librairie grammaire ecriture

Dilap Copyright 2007 – Toute reproduction même partielle interdite sauf autorisation de l’Editeur.

 

La langue : moyen universel d'exercice du pouvoir

 

PARTIE 01

 

De tout temps et en tous lieux, les classes dominantes ont imposé leur langage comme référence pour l’ensemble de la nation en en faisant un enjeu de pouvoir. En Inde, en Chine, et dans l’empire musulman naissant, les dynasties régnantes ont scellé la langue « officielle ». Mais ceci vaut également pour la France. Claude Duneton, dans divers essais a démonté ce mécanisme pour le Français, où la langue officielle, parlée par la cour du roi et en vigueur dans toute la vallée des châteaux de la Loire, fut imposée par la force aux français dialectophones (voir - Je suis comme une truie qui doute, Paris : éd. du Seuil, 1976 et Parler croquant, Paris : éd. Stock, 1973). Si l’on ne parle pas correctement dans la langue des puissants qui gouvernent le pays, c’est que l’on appartient à la catégorie des roturiers, des moins-que-rien, bref, on n’est qu’un homme (une femme) du peuple… et par conséquent on ne peut que subir le pouvoir, mais jamais l’exercer….

 

Usages de la langue en France

 

En France, justement, le langage a suivi les évolutions du monde contemporain de façon –à notre sens assez intelligente- en s’adaptant à chaque étape politico-sociale de l’évolution du pays. Ainsi de nos jours, il n’est plus tout à fait de bon ton d’avoir une phraséologie trop littéraire, de faire des constructions de phrases un peu trop alambiquées, de faire usage d’un vocabulaire « trop riche » ! Cela fait « trop », ça vous classe quelque part dans une catégorie dont seul votre interlocuteur connaît la valeur « psychosociale »…bref ça passe mal. Le qualificatif intello habituellement utilisé pour désigner les « beaux- parleurs » a un sens péjoratif. Il est devenu familier même dans les cours de récréation , synonyme de « frimeur » ! Cela, certains médias l’ont compris, qui adoptent volontiers « un style cool » en essayant de faire des interviews dans un langage qui s’apparente à du « populaire » (voir à ce titre notre article « parler banlieue ») . Sans parler des publicitaires, spécialistes par définition de la « manipulation du langage » et de l’impact des mots sur l’inconscient des consommateurs que nous sommes tous. Les politiciens aussi ont saisi le phénomène, grâce sans doute à leurs conseillers. Ils font visiblement tous un effort pour trouver le langage qu’il faut, selon la catégorie d’électeurs auxquelles ils s’adressent sur le moment.
Les « gens du peuple » ont toujours eu une attitude ambiguë vis-à-vis du langage : d’un côté une certaine fronde, une certaine façon de se rebeller contre la langue dominante, d’où l’ argot et les « parlers communautaires ». De l’autre côté, une sorte de respect, de soumission même, un peu fataliste face à ceux qui savent utiliser « le beau langage ».

 



 
Web Sur ce site
PARTIE 01

 

PARTIE 02

 

PARTIE 03

 

PARTIE 04

 

PARTIE 05

 

PARTIE 06

 

PARTIE 07

 

Didactiques Langues Publications BP 25 91801 Brunoy Cedex France
DILAP © 2005- DILAP est une marque déposée - déclaration CNIL 1114232- SIRET 48360378300018