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L'Arabe littéral ou fusha

 

PARTIE 02

 

Si la langue française , imposante (dans sa phase impériale) et imposée avec force moyens connaît de tels « fractures » dans l’usage quotidiens, qu’en est-il de la langue arabe avec son phénomène de pluriglossie assez marqué par rapport aux autres grandes langues ? (Voir notre article enseigner la langue arabe) .
Une autre particularité de la langue arabe, réside dans son essence liturgique, hiératique, qui dépasse de loin l’espace du monde arabe et déborde largement sur l’immense monde musulman avec notamment l’Asie Mineure et l’Indonésie, sans compter la Chine qui se réveille avec ses centaines de millions de Chinois musulmans…
Langue de foi et de soumission à Dieu (c’est le sens originel du mot islam), la langue du Coran est aussi celle d’un imaginaire collectif spécifique au vaste monde arabo-musulman.

 

Clivage Arabe "classique" et Arabe "littéral"

 

Dès le début des conquêtes, la langue arabe, portée essentiellement par le texte coranique a eu à se battre sur au moins deux fronts pour pouvoir s’imposer comme langue « officielle » du nouvel ordre qui allait s’installer d’une part, d’autre part, contre les grandes langues déjà installées dans les nouveaux territoires conquis (essentiellement le Latin et le Persan) beaucoup plus en avance sur tous les plans , du faits de supports écrits stables : sciences, techniques de production, culture, administration , commerce, … D’autre part, elle devait se substituer aux différents parlers locaux qui ne répondaient pas aux canons linguistiques du Latin et du Persan en vigueur à l’époque. Cette réalité socio-linguistique originale devait déboucher inévitablement : sur le triomphe progressif de l’arabe « classique » sur les deux langues rivales, notamment lorsque la nouvelle puissance (califale), a réussit à imposer une vulgate coranique unique , en perfectionnant au passage ce socle fondamental nécessaire à toute nouvelle civilisation qu’est le support écrit (surtout concernant le message divin). Peu à peu, le nouvel empire, qui avait fonctionné –nécessité oblige- en s’appuyant sur les langues dominantes, a réussi à imposer la langue arabe au moins comme langue d’administration officielle et donc de communication, ou du moins au niveau des nouvelles élites dirigeantes intéressées et directement impliquées dans l’exercice du pouvoir. Plus difficile en revanche d’arabiser les classes populaires des différentes contrées où l’Islam paradoxalement s’imposait avec une rapidité étonnante que les plus éminents historiens, même de nos jours peinent à expliquer !

 

 

 

 

 



 
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