Le comédien : Ezzatollah Entezami

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Ezatollah Entezami débute sa carrière cinématographique tardivement, à l'âge de 45 ans, après de multiples expériences théâtrales. En 25 années, il joue dans 35 films, deux séries télévisées et réalise un téléfilm. A l'aune de sa popularité, cette liste aurait pu être beaucoup plus longue. Mais Entezami apporte un soin extrême au choix de ses rôles. Il sera d'abord et sur­tout remarqué dans le fameux La hache de Dariush Mehrjui (1969). Puis, s'il a collaboré à un nom­bre important de films aux succès mitigés, ses prestations marquent toujours les spectateurs. En Iran, sa popularité est si communément partagée qu'elle ne se discute même plus.
Aîné d'une famille de quatorze enfants, Ezattolah Entezami naît en 1924 dans un vieux quartier de Téhéran. Son père, sergent dans l'armée, les quitta avant sa naissance pour réprimer la rébellion de la tribu Shasavan, dans le Nord Ouest de l'Iran. II semble avoir trouvé la mort au cours d'une bataille. La famille Entezami, marquée par la tragédie, perdra cinq de ses enfants. Malgré les croyances religieuses strictes qu'on y cultive, Ezatollah fut attiré instinctivement par le théâtre. Il débute sa carrière dans les années 40 avec un one man show dans lequel, sur fond de musique populaire, il déclame des vers satiriques sur des sujets d'actualité sociale et politique.
Après le coup d'état de 1954, il est arrêté comme de nombreux artistes, intellectuels et politiques. Son dossier ne l'accusant d'aucune offense sérieuse, on le relâche quelques mois plus tard. II quitte alors l'Iran avec l'intention de réaliser son rêve de toujours : étudier le théâtre classique. De Retour en Iran, il joue, en dix ans, dans plus de 400 pièces et drames TV et assure la réalisation de quelques uns. Durant plusieurs saisons, il voyage à travers le pays en compagnie d'une troupe qui se produit principalement dans des camps de l'armée. Devenu l'un des acteurs iraniens les plus prestigieux, il prend néanmoins quelque distance avec le théâtre populaire au moment où l'avant garde s'affirme. Il rencontre alors Gholam - Hossein Saedi (l'un des dramaturges des années 60 les plus influents, mort à Paris en 1985), auteur de la pièce La Vache et Dariush Mehrjui qui souhaite l'adapter au cinéma. Le film est d'abord interdit en Iran, mais, récompensé par le prix de la Critique Internationale du festival de Venise, les censeurs sont contraints d'autoriser des pro­jections privées. Selon eux, la description d'un village pauvre dans lequel la mort de l'unique vache entraîne son propriétaire dans la folie, jetait le discrédit sur le pays. Les critiques libres de toute considération politique, reconnurent en La Vache une profonde fable philosophique.
Ezatollah Entezami fit donc une seconde prestation remarquée dans Le Cycle. Mehrjui tourna le film en 1975, mais il resta censuré jusqu'au printemps 1978. Dans un réalisme amer et mordant, il présentait une allégorie de la société iranienne.
Ezatollah Entezami joua aussi dans le mini feuilleton de Mehrjui intitulé Alomut, vision moderne de l'histoire ancienne. Inachevé, le projet fut abandonné sans qu'aucun épisode ne soit diffusé.
Dans les années 80, il a joué dans cinq films de Dariush Mehrjui (dont Hamoon, 1989, Les Locataires, 1986). Il a été remarqué dans deux films majeurs ll était une fois le cinéma (1992) de Mohsen Makhmalbaf et Le Foulard bleu (1995) de Rakhshan Bani-Etemad. Aujourd'hui, il dirige le Musée du Cinéma de Téhéran et continue une brillante carrière d'acteur.

 



 

 
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