L'oeuvre de Salah Abou Seif

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youssef chahine

 

 

J'aime le Caire. Si profondément, que quand on me pose la question " omment? ", je me retrouve cherchant mes mots. Les moments les plus doux de mon existence, les vers les plus beaux que j'ai connus. Gomment je t'ai­me, laisse-moi énumérer les manières. Est-ce les innombrables vestiges ? Fabuleux ! Ton Nil généreux.,
Ton soleil resplendissant ? Aussi... comme un Français aime Paris ? Evidemment Mais moi... tu vois, moi, c'est les gens que j'aime. Pas les pierres. J'aime leur bonté, leur humeur. Oui, le peuple égyptien est croyant. Mais loin d'être fanatique. Il a le génie d'accoupler vie et Dieu. N'est-ce pas là l'amour à deux ? Ou même plus ? Autrement, comment pourrais-je aimer 22 millions de personnes en même temps ? Toute une capitale. J'aime ceux qui aiment vivre sans déranger l'autre et en vivant à six, coincés dans quatre mètres carrés... on apprend à attendre l'autre. A le comprendre.Surtout à l'aimer. A l'aimer.

Youusscf Chahine


Né à Alexandrie en 1926, il a fait des études de cinéma aux Etats-Unis. De retour en Egypte, il tourne son premier film, Papa Amine en 19)0. En 1958, il signe son premier chef-d'oeuvre, Gare centrale, tourné en totalité dans la gare du Caire. Malgré un échec cuisant lors de sa sortie en salle, ce film est devenu depuis mi classique du cinéma égyptien. La conscience politique de Chahine se forme graduellement. Elle est à l'origine (le deux films nationalistes, Gamila l'algérienne (sur la résistance algérienne face à l'occupation française) et Saladin (le héros arabe contre les croisés). ,!ayant subi maintes tracasse­ries de la part de l'administration égyptienne, il s'exile au Liban en 65, où il tourne deux films avant de revenir en Egypte en 68 pour tourner la première coproduction égypto-soviétique. Un jour le Vil, qui évoque l'amitié entre les deux pays à travers l'édification du barra­ge d'Assouan. En 1969, le chef-d'oeuvre La Terre est un hymne au fellah égyptien, d'un lyrisme proche des grands maîtres soviétiques. Les années soixante-dix voient Chahine s'interroger sur les problèmes de la société égyptienne contemporaine, dans Le Choix et Le Moineau. Sa consécration internationale a lieu à Berlin en 1979 où il obtient l'Ours d'Argent pou Alexandrie. pourquoi ?, premier volet d'une trilogie autobiographique compre­nant aussi La Mémoire et Alexandrie encore et toujours. En 1994, il tourne sa quatriè­me coproduction avec la France : L'mmigré, librement inspiré de l'histoire biblique de Joseph. Ce film, qui constitue son plus gros succès en Egypte, lui vaut les foudres de certains extrémistes religieux et son film est interdit. Chahine gagne finalement son procès contre ses détracteurs.

Youssef Chahine est un cinéaste par nature insaisissable : il a abordé à peu près tout ce que le cinéma compte de genres, sans jamais se laisser enfermer dans aucun d'entre eux. (...) Il a parcouru a lui seul, toute l'histoire du cinéma, passant du primitif à un certain classicisme, puis s'ouvrant à la modernité
avant d'inventer sa propre forme, parfaitement inédite, puis, en une boucle vertigineuse, de revenir à l'origine même de la représentation avec L'Emigré. (...) En définitive, le monde de Chahine est par essence mul­tiple, traversé de courants contradictoires, ouvert aux bruits du monde, attentif au mouvement des choses. (...) Le cinéma-monde de Chahine est celui de la polyphonie. Le mélange de tous les sexes, de toutes les religions, (le toutes les langues dans l Alexandrie natale. Et l'entrelacs incroyable des rues du Caire.

Par : Thierry Jousse, Les Cahiers du Cinéma


Films présentés au festival Travelling :

Adieu à ton amour
C'est toi mon amour
Gare centrale
Un jour... le Nil
Adieu Bonaparte
Le sixième jour
Alexandrie encore et toujours
Le Caire raconté par Chahine
L'émigré
Le destin
L'autre
La mémoire

 


 

 
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