Cent ans de cinéma égyptien (suite)

Histoire
Réalisateurs
   
 
 
 


Par le Docteur Rafik Al Sabban
Dramaturge, scénariste et critique de cinéma.

 

 

cinema egyptien


Tout le monde arabe et de créer mie mode, le public étant avide de chansons
et de numéros de danse. En outre, la comédie musicale égyptienne réussit a inventer mi style radicalement différent de Hollywood. On commença a entendre parler d'acteurs, à la fois chanteurs et danseurs, dignes de Fred Astaire Ginger Rogers, Jeannette Macdonald, Judy Garland ou encore Mickey Rooney avec des noms comme Farid Al-Atrache, Samia Jamal, Mohamed Fawzi, Tahia Karioka ou alors Oum Kalthoum et Abdel Wahab, les rois du chant arabe.
Mais la véritable naissance de l'industrie cinématographique en Egypte est due à Talaat
Harb, le célèbre homme d'affaire et banquier. Harb bâtit le premier vrai studio de tournage et l'équipa de matériel de haute technologie. Il envoya aussi en Europe un certain nombre de techniciens, afin qu'ils se familiarisent avec les méthodes du cinéma. A leur retour, ceux-ci devinrent le fer de lance d'un nouveau cinéma, jeune et talentueux, qui sut s'exprimer, et ce, malgré les pressions politiques de l'époque - l'Egypte étant sous mandat britannique. La censure politique interdisait aux filins de s'attaquer aux sujets délicats, sociaux ou politiques, qui traitaient de près ou de loin de la réalité égyptienne. Mais cela n'empêcha pas le chrétien Henri Barakat et Ahmed Jalal, Mohamed Karim, Ahmed Badrakhan et Youssef Wahbi de réaliser de grandes oeuvres, couronnées de succès dans les festivals et auprès d'un public (le plus en plus large.

Malgré la censure politique - anglaise et gouvernementale - la révolution de 1952 a ouvert les portes d'un
renouveau cinématographique, qui s'est traduit par l'apparition de sujets inspirés de l'oeuvre d'écrivains tels que Naguib Mahfouz, Yahya Hakki et Ihsan Abdel Chadouf. Les films des réalisateurs Youssef Chahine Salah Abou Seif, Tawfik Saleh et Kamal Al-Cheikh sont ainsi devenus des classiques et ont rencontré des car­rières internationales. En outre, la création du secteur public, qui avait pour but la production de films ambitieux, capables (le rivaliser avec le cinéma international, a permis à Youssef Chahine de réaliser son chef d'œuvre Gare Centrale, à Salah Abou Seif (le tourner La sangsue et Mort parmi les vivants, et la réalisation du film Les révol­tés par Tawfik Saleh, Le facteur par Hossein Kamal, Le pêché par Henri Barakat et surtout par Shadi Abdel Salam du brillant La momie. Cette période, critiquée par certains à cause (le quelques dérapages financiers, était et restera l'âge d'or du cinéma épyptien. La disparition du secteur public et la politique de l'ouverture (Infetah), initiée par Sadate dans les années 70, donne un coup d'arrêt à cet élan. Une nouvelle classe sociale, riche et dépourvue de sensibilité artis­tique et culturelle, lait baisser le niveau et précipite le cinéma égyptien vers le fond, malgré la résistance d'un certain Tahseen Kamal ou encore de :Mohamed Abdel Aziz ou Ali Abdel Khalek.

Il a fallu attendre la nouvelle vague, initiée par Mohamed Khan, avec son esthétique de l'espace, Atef AI-Tayeb et son profond
regard social et Kheiri Bechara, avec sa petite folie et son imagination, pour que les choses changent. Et même si cette pério­de n'a pas duré longtemps, elle a permis d'ouvrir la voie aux jeunes réalisateurs d'aujourd'hui tels que Yousri Nasrallah, Asma El Bakri, mais aussi Daoud Abdel Sayed, qui ont osé réaliser des oeuvres originales et personnelles. Ainsi, le cinéma égyptien traverse aujourd'hui une période de renaissance, après des années maigres qui ont vu la production baisser de 80 à 15 longs métrages par an. L'espoir renaît grâce aux jeunes réalisateurs fraîchement sortis de l'Institut du Cinéma, le plus important du Proche-Orient. Des hommes et des femmes avec une sensibilité, un courage et nue folie inouïs, à l'image de la jeunesse d'aujourd'hui. Leurs courts métrages de fin d'études, présentés et parfois primés dans les festivals internationaux, prouvent que le cinéma égyptien, considéré comme titre des plus grandes cinématographies du monde, est encore capable de renaître de ses cendres.


 

 
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